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En France, le président de la République est élu au suffrage universel direct, au scrutin majoritaire uninominal à deux tours, pour un mandat de 5 ans renouvelable une fois consécutivement. Chacun de ces éléments a une histoire et des conséquences.
La Constitution de 1958 prévoyait initialement une élection par un collège d'environ 80 000 grands électeurs. Le référendum de 1962 a instauré l'élection au suffrage universel direct, appliquée pour la première fois en 1965.
La durée du mandat était de 7 ans jusqu'au référendum de 2000, qui l'a ramenée à 5 ans. L'inversion du calendrier, plaçant la présidentielle avant les législatives, a été décidée dans la foulée : elle vise à favoriser la concordance des majorités, avec des effets que les politistes discutent toujours.
Trois conditions cumulatives : être de nationalité française, avoir 18 ans révolus et jouir de ses droits civils et politiques, et être inscrit sur une liste électorale.
S'y ajoute le filtre des parrainages : 500 présentations d'élus, provenant d'au moins 30 départements ou collectivités, sans que plus d'un dixième provienne d'un même département. Les parrainages sont adressés directement au Conseil constitutionnel et publiés intégralement, leur publicité, longtemps partielle, est totale depuis 2016.
Le premier tour est ouvert à tous les candidats retenus. Si aucun n'obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, ce qui ne s'est jamais produit, un second tour est organisé 2 semaines plus tard entre les deux candidats arrivés en tête, après retrait éventuel.
Le scrutin se tient un dimanche, et par anticipation le samedi dans les territoires d'Amérique et sur le continent américain, en raison du décalage horaire. Les résultats ne peuvent être publiés avant la fermeture du dernier bureau de vote en métropole.
La campagne officielle s'ouvre 2 semaines avant le premier tour. Pendant cette période, les candidats bénéficient d'un temps de parole strictement égal sur les médias audiovisuels, contrôlé par l'autorité de régulation ; avant cette période, la règle est celle de l'équité, appréciée selon la représentativité et l'implication dans la campagne.
La veille et le jour du scrutin, toute propagande est interdite, ainsi que la publication de sondages. Les comptes de campagne sont plafonnés, contrôlés par une commission nationale, et une part des dépenses est remboursée par l'État selon le score obtenu. Le rejet d'un compte entraîne la perte du remboursement et peut entraîner l'inéligibilité.
Le Conseil constitutionnel joue un rôle central : il établit la liste des candidats, veille à la régularité du scrutin, examine les réclamations et proclame les résultats. Il peut annuler des suffrages, voire l'élection, en cas d'irrégularités de nature à en altérer la sincérité.
L'organisation matérielle repose sur les communes, avec des bureaux de vote tenus par des citoyens, un dépouillement public et la présence d'assesseurs désignés par les candidats. C'est cette dimension décentralisée et publique qui fonde la confiance dans le résultat, davantage que la technologie employée, raison pour laquelle le vote électronique reste très marginal en France.

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